Un electron rassembleur, chargé de plein d'amour, d'humour, de disponibilité, d'humilité sans jamais disjoncter.
Le 1er juillet 1959, à Mbanga, un courant nouveau circule : celui de Papa SINKO. Né dans" le continent" en pleine mutation, il entre dans la vie comme un fil conducteur, prêt à transmettre chaleur et lumière autour de lui.
Mais dès le 28 Juin 1960, un premier court-circuit bouleverse son enfance : il perd son père, NGASSOM Albert. Orphelin trop tôt, il apprend à affronter l’obscurité… sans jamais perdre sa propre étincelle.
Juin 1969 marque un changement de phase : il est accueilli à Douala chez son “Mbombo” et tuteur, SINKO Nestor, qui se positionne comme son disjoncteur de protection. C’est là que se posent les premiers circuits de l’homme qu’il deviendra.
Mai 1974 : mise en service visuelle. Papa SINKO enfile sa première paire de lunettes. Dès lors, il voit plus clair, ajuste ses connexions humaines et affine le calibrage de son regard sur le monde.
03 mars 1980 : branchement au réseau national – il rejoint la SONEL. Intensité de départ 5A. Là commence une carrière électrisante de 39 ans sans panne, ni mise à pied, ni surcharge émotionnelle au poste. Il devient rapidement un repère pour ses collègues : fiable, précis, toujours bien isolé contre les mauvaises ondes.
Juin 1982, c’est le coup de foudre : il se fiance avec Ngagoue Yvette. Deux polarités opposées qui s’attirent naturellement. Ensemble, ils bâtiront un foyer bien alimenté, avec beaucoup d’énergie renouvelable : l’amour, la patience et l’humour.
31 mai 1986 : le grand branchement civil et religieux. L’installation est définitive, la mise à la terre affective est assurée. Papa SINKO entre en haute tension amoureuse – mais toujours avec le disjoncteur du respect bien enclenché. Avec comme grand parafoudre le Seigneur tout puissant en qui il croit fermement.
Mai 1989 : il devient Tagni. On peut dire que les câbles de la tradition sont désormais bien raccordés à l’homme moderne qu’il est devenu.
1er juillet 2019, après 39 ans à distribuer la lumière sans jamais griller un fusible, Papa SINKO se déconnecte du réseau actif. Intensité de sortie 12A. Retraité, mais toujours chargé d’énergie intérieure, il continue à briller dans sa famille comme une veilleuse rassurante.
Dès le 2 juillet 2019 – pratiquement sans interruption de service – il crée sa propre structure de prestations électriques : ETS NES. Un relais personnel pour continuer à distribuer du courant… mais à son rythme. Papa SINKO devient entrepreneur, toujours prêt à rétablir la lumière dans les foyers avec précision, passion, et pince à dénuder.
Parallèlement, il intensifie sa puissance associative, s'investit davantage dans les postes clés qui lui avaient deja confiés dans toutes les organisations où il passait : Haut-Nkam, CEDEBA, 10 Chilieu, Bakassa Nord, Famille Ngawoh… Un véritable transformateur social, qui apportait de l’énergie là où les groupes perdaient de la tension.
En janvier 2020, il rejoint l’association Électriciens sans Frontières. Son voltage devient alors international : on le sollicite bien au-delà du 237 – jusqu’au Canada, la France etc...Il prouve que la vraie lumière ne connaît pas de frontière.
Le 28 mars 2025, à l’aube, une dernière coupure de courant. Cette fois, irréversible. La lumière de Papa SINKO s’est éteinte… le plus dur des delestages, bien que nous en connaissons des tonnes... son voltage reste gravé dans nos cœurs.
Il fut plus qu’un électricien : il fut un homme-source, un relais d’amour, un disjoncteur de conflits, un stabilisateur d’émotions. Il a passé sa vie à connecter les autres, à réparer les petits défauts de contact et à faire jaillir la lumière là où il n’y en avait pas.
Son souvenir restera alimenté, éternellement.